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Junior Almeida

C'est un mythe ! ... c'est un pionnier ! ... c'est une légende ! Que dis-je, c’est un précurseur, non ! … C'est un peu tout ça ! Installe-toi bien car après avoir lu cet article, tu auras l’impression que le blog devient un pseudo roman d’un héros imaginaire. Un point très important, j’ai malheureusement dû faire des choix, car parler de toute sa carrière aurait dû être fait en deux blogs minimum. Je dois rester pragmatique en te disant que je te donne une direction pour la suite de ton voyage vers la connaissance. Ce seront des points essentiels pour aller plus loin dans ta soif d’apprendre ! Mais avant de te lancer dans ta lecture, quelques mots sur ma rencontre avec Junior. En 2012, j’ai eu la chance d’intégrer l’école KIMKAN de Thony Maskot située à Paris 19 ème afin de me perfectionner en tant que prof de hip-hop. Durant la formation, j’ai été étonné de constater qu’il était l’un des rares intervenants à prendre autant de temps pour partager son expérience avec nous et expliquer à chacun de ses élèves les mouvements, ce qui parfois pouvait me frustrer, car j’ai longtemps pensé qu’apprendre la danse ne se faisait qu’avec le corps et ses sensations et non avec la réflexion et la recherche. En 2020, je me retrouve à pratiquer le même processus de transmission dans mon quotidien de prof.  D’où vient-il ?

Ses origines vous donneront déjà un aperçu de toutes les cultures qui l’ont enrichies et qui sont le Portugal, le cap Vert, le Sénégal et le brésil. Il est constamment entouré de danses ; il baigne donc dans ce qui est le plus essentiel : l’amour et le partage des siens.  Soyons utopistes et ne faisons pas de raccourci. La danse n’appartient pas à une certaine ethnie ou couleur de peau. La danse s’inscrit plutôt en chacun de nous, car le mouvement du corps est inné, mais souvent caché en nous à cause d’un contexte social et culturel non propice. Il quittera le Portugal en 1976 pour rejoindre sa mère, déjà présente dans la capitale Parisienne. Grâce aux nombreuses rencontres, il trouvera assez facilement de nouveaux repères dans des lieux mythiques comme le centre américain à Montparnasse détruit en 1994 et la place Beaubourg où les artistes de rue se retrouvaient pour performer face aux touristes.  Au fur et à mesure de ses balades parisiennes, il a  aperçu un artiste qui l’intrigua plus que les autres, un certain mime.... Prénommé Marceau. Une icône du mime dans le monde du spectacle vivant, qui restera une inspiration pour beaucoup. Pendant les spectacles de rue, le mime distribuait des tracts pour une école qui aura son importance plus tard, rappelons-nous que junior n’est pas danseur, mais juste un jeune homme curieux et extrêmement friand de tout ce qui peut se rapprocher de la danse. A cette époque ses principales influences sont les Nicholas Brothers, Fred Astaire et Gene Kelly de l’univers des comédies musicales. Sa première mue :  Son contexte familial va subir une nouvelle évolution car grâce à l’un de ses grands frères, avec qui il ne vivait pas à la base, il rencontrera un groupe emblématique de l’époque, le Black Panther et en deviendra un membre actif. Cependant les Black Panthers, qu’on retrouve également aux États-Unis, n'ont pas les mêmes sources de revendication que les français, même si certaines se rejoignent. L’une des différences fondamentales est que l’un se bat contre des conditions d’exploitation d’un peuple opprimé (ségrégation) et l’autre cherche à créer un mouvement d’appartenance et de défense. Avec les Black Panthers, Junior fera partie d’un groupe très présent dans les club de Paris pour les défis de danse dans lesquels il deviendra par la suite incontournable et à faire le tour de Paris, cela l’amènera à découvrir des lieux qui vont devenir essentiels, comme L'École Internationale de mimodrame de Paris, celle-là même qu’un certain  mime promouvait pendant les spectacles de rue sur la place  Beaubourg. Les blacks panthères ne seront pas au courant de ces débuts dans l’école qu’il intégrera en 1979.


Le début du mythe :  Monsieur Marceau a vu en Junior le potentiel d’un danseur de la trempe des artistes américains et lui a permit de trouver un stage de trois mois à New York grâce à l'obtention d'une bourse en 1981. Il pratiquera plus sérieusement toutes ces danses dites académiques, en ayant parfois du mal à être dans le rythme. Cette expérience déclenchera en lui la rigueur et la motivation nécessaires pour espérer devenir un danseur unique. Il fera en sorte de revenir aux Etats-Unis avec une plus grande détermination. Durant cette seconde expérience, une phrase le marquera :  celle de Jaime Rogers, danseur du film culte West Side Story qui dira  à Junior que son potentiel était grand . Il continuera de se former avec les meilleurs profs de l’époque, mais son réel terrain de jeux sera les clubs de la capitale dont le Rex Club. N’oublions pas qu’il fait encore partie des Black Panthers qui sont à l’époque les videurs de beaucoup de boîtes de nuit, donc ses entrées étaient assurées. 

1983, l’année qui changera tout. Cette année sera très riche, car après le NYC de 1982, le Hip-Hop se développera et plusieurs moments seront déterminants pour Junior et le monde de la danse. Thriller est considéré comme le premier grand clip de l'histoire, révolutionnant la façon de faire et de percevoir un vidéoclip. Junior s’en inspirera beaucoup dont la fameuse danse des morts vivants. Juste 1 minute du film Flashdance, réalisé par Adrian Lyne, d’une durée de 1h37 minutes, suffira à retourner la tête de toute une génération. Encore merci Mr Freeze !    THE SMURF de Tyron Brunson, clip musical avec de très bons danseurs, donnera un nom à une danse appelée Smurf dont Junior sera un adepte. L’année 1983 est une charnière qui pourrait être l’âge d’or de la danse, nous parlerons plus d’année de ciment pour Junior et le hip-hop. Prêt au décollage :  Les années s’enchaineront et beaucoup de choses se passeront. Junior deviendra l’homme à défier, car il s'est fait un nom dans tout le club en étant toujours prêt à marquer les esprits. Fort de sa confiance, il se retrouvera face à Master Freeze après avoir été invité aux Bains Douches, boîte de nuit parisienne . Mais en subissant l’une de ses rares défaites, cette  expérience sera un énorme coup de boost pour la suite car il gardera à l’esprit de prendre sa revanche. Les club seront une part importante de sa vie d’artiste, mais toutes ses formations et expériences, lui permettront de travailler pour les meilleurs artistes de l’époque : Mylène Farmer, Catherine Lara, Dana Dawson, Henri Salvador, les 2be3 et Allan Théo. L’année de trop :  Pratiquer le hip-hop de 1982 à 1984 était tendance, mais une émission eu un impact, que je ne pouvais imaginer, car j’ai toujours entendu parler de l’émission H.I.P H.O.P comme d’un tournant historique, car la première au monde. Passé l’émission, Junior constatera que tout ce qui avait un rapport avec le hip hop ne fonctionnait plus, comme si la fin de cette émission signera la mort d’une tendance . Grâce aux multiples expériences citées ci-dessus, il n'était pas nécessaire de s’inquiéter pour lui. Sa polyvalence lui permettra de durer et de construire son mythe. L’un de ses faits d’arme sera qu’il enregistrera deux disques de dance en 1987 et qui auront connu leur succès local . Je vous avez prévenu... sa carrière est semée de surprises.  La recette qui marqua des générations de locker :

Créer un groupe Funkstyle dans une époque de hyper.  Les ingrédients : - 1 bouteille Lock de Foued - 4 Points de Karl Kane -12 Bus-Stops de Wung Libanus - 3 Walk out de Nasty - 1 pâte de l’Oncle Sam préparée la veille par Junior. La recette : • étaler 12 Bus-Stop en Étoile sur la pâte de Oncle Sam. • Laisser mijoter 4 Points de Karl Libanus à feu doux. • Eplucher les 3 walk out et couper les en fines tranches tel du carpaccio. • Une fois les Points bien fermés, étaler sur la pâte de Oncle Sam. • Et pour finir, 10 cl de Lock à verser sur la pâte. • laisser cuire à 100 pulsations minute et admirer la synergie qui se vit sous vos yeux.

Les Boogies Lockers ont été créées en 1997 par Junior, afin de créer un groupe, une troupe basée essentiellement sur une énergie  Funkstyle à l’opposé des groupes très hip Hop de l’époque. Cette troupe mythique a participé à tous les plus grands festivals et concours de l’époque. Ils ont été comme la dream team funkstyle à la sauce américaine.  Les danseurs de base ont été les pilliers d’une histoire qui a duré 20 ans : Fonkylegs, Gemini Lockiano, David Mator, Si’mhame, Karim, Xavier. Maintenant une question se pose : quels sont les danseurs de la middle school qui ne sont pas passés par lui pour être formés dans les domaines du Pop et du Lock dans les années 1990 ? Un détail qui n’en est pas un, il a crée l’école l’Envol qui a vu passer tous les meilleurs danseurs de la fin des années 1990. Seuls 3 danseurs pourront se targuer d’avoir suivi une formation plus poussée et qui sont : 

Plock, Jimmy Soul et Salah. Cet article correspondrait à 1/3 de sa carrière,  j’ai donc commencé ce blog par une erreur. Il m’aurait fallu 3 articles pour pourvoir faire le tour de cette carrière qui n’est pas encore finie.



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