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  • Joel rock

La force tranquille

Mis à jour : janv. 29



Pour commencer, il est important pour moi de remercier cette femme qui m’a fait confiance en se livrant à moi.


Voici l’histoire unique d’une personnalité de la culture hip-hop parisienne. Grâce à son acharnement et surtout sa force de caractère, elle a su mettre en place l’un des événements hip-hop les plus connus en France et à l’étranger. Elle est également la directrice de PARIS DANCE SCHOOL, école de formation au métier du danseur pluridisciplinaire spécialisée dans les danses hip-hop qui n’a plus rien à prouver. Cependant, certains d’entre vous tenteront également d'assimiler son nom à de sombres histoires qui ne sont en fin de compte que des histoires d’ego. Mais à travers ces moments marquants, vous y trouverez surtout une femme de caractère que peu de personnes peuvent soupçonner.


Annique Arnold, un nom familier, aura cette impression d’avoir toujours dansé, car elle vivait dans une famille pour qui la musique, la danse, les contes faisaient partie de leur vie. On ne pourra pas dire cette fois-ci, que c’est une artiste ayant connu des émissions télé ou des événements du début des années 80. Son cursus est tout autre, car ses premières danses seront traditionnelles, tribales. Ce qui implique que ce n’est pas un mode de vie, mais que cela fait partie de sa vie.

Il est important, avant de commencer à parler de sa vie d’artiste, de se pencher sur ses racines et son éducation car cela nous permettra de comprendre son cheminement.




Séparation


Elle a vécu dans la famille de sa mère en Centrafrique une enfance heureuse jusqu’à ses huit ans. Malheureusement, elle a grandi dans une famille déchirée car sa famille maternelle ne voulait pas être liée à sa famile paternelle. Elle allait tout de même un week-end sur deux chez son père quand bien même ce dernier vivait à l’étranger.

Un jour, la famille de père ainsi que ce dernier ont estimé qu’Annique appartenait à leur famille nommée Arnold et que son éducation devait être faite par les Arnold. Ils feront donc valoir leurs droits pour la récupérer. Dès lors que la famille Arnold a eu gain de cause, Annique ira vivre définitivement en France chez son père qui était issu d’une famille aisée. Il avait donc les moyens de subvenir à ses besoins matériels. Or, dans son quotidien, elle vivra une épreuve difficile : celle de sa belle-mère qui lui menait la vie dure. Face à cet environnement difficile et hostile, elle a dû, très tôt, s’armer et se protéger afin de se préserver. Très vite, elle a dû faire des choix pour sa vie et ses projets personnels. Elle a su rester forte, grâce à son éducation maternelle inculquée par son grand-père (Maurice MAGBA). Sans cela, comme elle-même le dit, « elle n’en serait pas là ». Je viens de loin !


Une fois arrivée en France, elle posera ses bagages à Évry quartier des Epinettes. Quelques années plus tard, la famille s’installera à Savigny-le-Temple puis à Fontainebleau. C’est à partir de ce moment-là que son histoire avec la danse en France commencera réellement. À l’âge de 15 ans, elle débutera avec la hype et fera ses premiers pas avec ses amis Alain Makélélé/Sidonie/Marie/Malory/Gisèle/Léna/Nabila..., Trainings à Bobby Sands (maison de quartier), les booms, les après-midi, soirées dans une époque où le hip-hop, la danse hype, la culture étaient en plein essor. L’inspiration leur venait souvent des clips vidéo sur deux chaînes MTV & M6 avec l’émission “Rapline”.

Par ailleurs, la découverte du Hip Hop s’est aussi fait avec ses cousins qui étaient passionnés de musique. Malory Richard l’une de ses meilleures amies, lui fera découvrir, à l’âge de 12 ans le Modern jazz et le classique, des danses qu’elle ne connaissait pas.

Il faut savoir qu'elle est une grande passionnée de musique, en particulier la musique noire, et avait une grande reconnaissance pour des artistes qui l’ont inspirés comme Whitney Houston, Shaka Khan, Nina Simone, Janet Jackson, Marvin Gay, All Jareau, Anita Baker, Donny Hathaway, Lauryn Hill pour ne citer que ceux-là. Ainsi que des danseurs tels que Michael Baryschnikov, les Nicolas Brothers, Paula Abdul...

Elle sera bien sûre influencée par certains films comme Flashdance, West Side Stories, Tap et aussi par des émissions de télévision telles que Champs Élysées...

Par la suite, elle sera inspirée par des danseurs tels que les EB’S, Brian Green, Elite Force, Tony Gogo, Kmel, Henry Link, Walid, Ange, Fox, Sabine, Saliha…


Le début d’un rêve


Ses premiers cours de danse de Modern Jazz seront dispensés par Debby Joyce Tholance grâce à qui elle fera, à 15 ans, la connaissance de Dominique Lesdema, l’un de ses mentors. Il l’encouragea à intégrer la formation au métier du danseur Rick Odums pour ensuite devenir danseuse professionnelle.

Alors qu’elle était sous contrat chez Disney, elle y a rencontré, en 1997, Bruno Falcon (Pop’N Taco) qui était sur la tournée de Michael Jackson.

Ellea fait par la suite la connaissance de Bruno Virgel (danseur) qui lui permettra de chorégraphier pour des artistes français à la télévision.



Dans la culture, elle a rencontré des danseurs avec une forte danse & personnalité qui l’ont inspirés : des Bboys/Bgirls comme Alassane, Ibrahim Dembélé, Dedson, Junior, Yaman, Yves “FA”, Nacera “Juste4Rockers”, Malika, Si Mamed... pour ne parler que d’eux.

Ses premières expériences de scène dans la culture ont été vécues avec son premier groupe d’amis qui n'a jamais pris le temps de se donner un nom, car leur seule envie était de danser, partager, vivre ensemble. Ils faisaient plein de petites scènes pour des festivals hip-hop, après-midi, soirées, concours, dont une avec le groupe de RAP de Marseille, IAM avant qu’il ne soit connu.

Professionnellement, elle a commencé son expérience dans le groupe de son professeur Debby Tholance . Ce qui lui permettra, dès ses 18 ans, de commencer à passer des castings et de travailler en tant qu’intermittent du spectacle.

Elle a intégré par la suite des compagnies de jazz et de danses contemporaines qui mélangeront le théâtre et la danse. Elle a énormément dansé pour des événements commerciaux, pour des artistes et des marques.

Comme vous avez pu le lire, Annique a une formation très complète en passant de la danse académique à la danse Hip Hop avec bien sûr une spécialité dans la technique Popping . Elle apprécie beaucoup les Battles qui lui rappellent la culture africaine et a touché tous les styles hormis le Bboying/Housedance qu’elle n’a pas développé.

La liste des danseurs qu’elle a rencontrés est impressionnante, car ils ont travaillé avec tous les meilleurs artistes de l’époque. Et c'est justement grâce à l’une de ses rencontres, qu’elle fera partie de l’un des groupes/compagnies les plus connus de la scène hip-hop française.


Boogie Sai


A l'âge de 18 ans, Annique Arnold a rencontré dans l’école de danse Rick Odums une certaine Marguerite Mboulé. C’est à travers des discussions qu’elles se rendront compte des similitudes qu’elles avaient au niveau de leurs goûts artistiques. Marguerite, qui faisait partie d’un groupe, l’a invité à venir s’entraîner avec eux. C’est à ce moment précis qu’elle rencontra Max-Laure. Très vite un grand respect s’installa entre Annique et Max. Elle a vu en elle une grande femme. Annique a été d’une grande aide pour la compagnie. Cependant, Annique n’était pas totalement rentrée dans cette compagnie, car à ses 22 ans elle eut une fille. Elle avait désormais des priorités et ne pouvait assumer cette aventure dans un premier temps. Elle ne pouvait pas, en soutenant une jeune compagnie, se permettre de prendre le risque de se retrouver dans une difficulté financière ayant seule à sa charge son enfant.


Plus tard, une nouvelle génération de Boogies-Sai s'est instauré et a mis en lumière des danseurs comme par exemple Physs, Françis... Max-laure a souhaité alors intégrer totalement Annique, qui accepta à la seule condition de pouvoir rester libre, c’est-à-dire pouvoir danser également pour d’autres projets. Cela a été une très belle expérience pour Annique, un grand plaisir pour elle, d’avoir été dirigée par Max-Laure car c’est une artiste douée, une chorégraphe hors pair, ce qui lui laissera que de bons souvenirs. Avec l’évolution, la compagnie lui demandera un plus grand investissement personnel, ce qui n’était pas possible pour Annique, car cela ne rentrait pas dans ses projets d’évolution en tant que danseuse. Elle se sentait trop restreinte et voulait continuer à évoluer dans son apprentissage.

De plus, elle avait des contrats en tant que chorégraphe à respecter (Carlos, Sébastien, Gilbert montagné), des propositions de contrats et surtout l‘occasion d’évoluer dans sa danse comme celle d’être formée par PopN'Taco (danseur/professeur de Mickael Jackson) et Dominique Lesdama, l’éternel grand frère.

Mais cette séparation a été très mal vécue par Max-laure, car elle fut, aux yeux de Max, brutale et comme dit Annique « elle voyait ce choix comme une séparation ».


La fameuse histoire


Es-tu prêt à connaître la fameuse histoire qui a fait beaucoup parler dans la communauté hip-hop ? ou bien tu ne sais pas de quoi je parle ? ou bien tu es comme un lecteur de closer magazine ? Malheureusement, pour toi ce blog ne deviendra pas un « blog Buzz ».

Je suis conscient qu’avec toutes ces histoires, mon blog serait suivi même par des amateurs de pêche. Mais mon objectif reste intact et qui est celui de transmettre des parcours incroyables.

Je ne ferai que quelques lignes pour vous parler d’une histoire qui arrive souvent aux personnes qui dérangent… Comme vous avez pu le lire au-dessus, Annique a eu une carrière de danseuse et également de créatrice d’événements tels que le Who Is Who. Cet événement créé en 2006 a, durant 5 ans, été incontournable. Tous les danseurs du monde entier voulaient s’y affronter, car le concept était unique.

Malheureusement, cette belle aventure a été gâchée par de la jalousie, de l'ego et de l’argent. Je ne citerai aucun nom, mais sachez juste qu’elle a dû régler des contentieux avec deux des plus grands organisateurs de Battle français. Personnellement, quand j’avais entendu parler de cette histoire, je percevais à peine l’ampleur. À ce jour, je ne saurais vous dire quel est le fin mot de cette histoire, mais si je vous en parle c’est parce qu'Annique a fait preuve d’une force rare. Elle a été attaquée de tous les côtés et a su rester debout, là où plus d’une personne aurait flanché. De l’extérieur, nous pourrions penser que cela l’avait affaibli, mais son histoire et son éducation ,qu’elle aura entre autres reçue de son grand-père maternel, auront été pour elle fondamentales. Ce qui restera pour elle le plus important, ce sont les personnes qui lui auront donné un grand soutien comme : Popin Pete, Brian “Footwork” Green, Fox, Dominique Lesdema, Meech, Ejoe Wilson, Bruno Virgel, Issabelle Guenezan, Nelly Wolnerman.


Son école



Avant de parler de Paris Dance School, nous devons parler des projets qui l’ont amenés à lancer cette école. Commençons par “100 % culture hip-hop". Une association avec laquelle elle organisait des cours et stages intensifs de 2001 à 2017. Le but était de promouvoir les danses et techniques Hip Hop, proposer à tous les passionnés, une sorte de programme qui leur permettrait d’évoluer. Il y a même des professeurs/organisateurs de toute l'Europe et de la Russie qui sont venus se former au sein de ce programme et qui ont, par la suite, lancé eux même leur propre école dans leur pays.

Cela a permis à beaucoup de danseurs de lancer leur carrière dans le domaine de la transmission comme, pour ne citer qu’eux : Kapela, Waydi, les Twins, Willow, Moïse Kitoko, Nelson, LilGbb, Animal... “100% Culture Hip Hop” à collaborer avec des professeurs tels que : Yugson, Meech, Rabah, Salah, Paul Ereck, Ricky Soul, Ice.e, Majid, Ben, Rabah, Dedson, Kimson, Mamson, Babson, Pop’N Taco, Brian “Footwork” Green, Benny Ninjà, Big Mijo, Miss Prissy, Ejoe, Mr Wiggles, Popin Pete, Suga Pop, Dominique Lesdema.... La liste est longue.



Avec sa formation académique, elle a perçu l’importance de la formation pour la culture hip-hop. Elle a donc mis en place un programme équivalent à ceux qu’elle avait déjà connu. Elle s’est donc efforcée de s’entourer de danseurs pouvant transmettre.

La formation Paris Dance School a une mission : celle de former des jeunes au métier de danseur, les aider à réaliser leur projet. Pour cela, elle est à la recherche de l’excellence. La formation est sur trois ans dont une année préparatoire, ce qui est un réel filtre pour ces jeunes passionnés.



Le who is who


L’idée de ce Battle est avant tout le bilan de son expérience, car elle-même a pu participer à beaucoup de Battle en Popping. Et en faisant le bilan, elle a constaté plusieurs points qu’elle trouvait dommage. L’un de ses premiers constats a été que les danseurs n’étaient parfois pas tous jugés de manière équitable. En effet, parfois certains danseurs avaient un très bon niveau, mais comme ils n’étaient pas connus, ils étaient rarement sélectionnés, elle a constaté que les juges faisaient plus attention aux danseurs relativement célèbres dans le milieu, ce qui par définition influençait aussi leur jugement.


Le point suivant qui l'avait interpellé : le public. Voir un événement rempli de monde au début, qui petit à petit se dispersait et qui n’était plus présent au final. Ce qu’elle avait compris, c’est que les pauses entre les diverses parties du Battle pouvaient souvent fatiguer les spectateurs surtout lorsque le Battle pouvait durer 10/12 heures. Et il faut imaginer que cela pouvait très vite lasser les non passionnés. Le Who Is Who est le seul événement ou il y a 6/7 disciplines et qui se déroule en 4/5 heures maximum.

Elle a constaté aussi que les membres du jury qui parfois étaient très proches pouvaient s'influencer. Elle a donc choisi de mettre en place un jury en cercle afin d’éviter toutes discussions et toute influence. Laisser le danseur au centre pour qu’il puisse s’exprimer en totale liberté. Dans ce cadre, le juge devient spectateur, danseur, passionné.


Enfin, dernier point qui est pour moi une surprise, c’est que le Battle ne commençait qu’en demi-finale, car Annique estimait que c’est uniquement à ce moment-là qu’on était face au paroxysme du battle maintenant engagé avec beaucoup de passages battle des challengers 2 passages en demi et 3 passages en finale, battle challengers/champion 4 passages minimums. Donc, gagner le Who Is Who était une vraie épreuve olympique.



Par ailleurs, elle mettait un point d’honneur à ce que les gagnants reviennent l’année suivante pour remettre en jeu leur victoire/titre. En effet, Annique trouvait qu’il était important de se rappeler de leur parcours, de montrer leur valeur, le respect de leur talent, la force de leur passion. D’où l’idée du champion en titre et des challengers qui voulaient les détrôner. Selon sa réflexion, ce système permet de fédérer les générations.

Son combat pour cet événement était de mettre en valeur et en lumière des artistes actuels et elle y voulait également une impartialité.

Aujourd’hui, elle est assez fière et s’est rendue compte qu’elle a influencé bien des événements dans le monde même si elle n’a pas toujours été reconnue à sa juste valeur.

Cet événement a donc révélé les danseurs que nous connaissons aujourd’hui comme Kefton, Ice.e, Mary Ninjà...

Et durant cet événement, certaines disciplines encore méconnues ont pu se développer comme le Krump, le voguing, Dancehall.

Elle a créé en 2007 avec Dave Brian le, Jungle Fever, concours de danse Dancehall/Afro qu’elle n’a pas reconduit car le who is who demandait trop d’organisation.

L’événement qui fait que son nom a fait le tour du monde c’est le Who Is Who, le premier Battle conceptualisé dont le principe est : des champions à détrôner sur 4 passages avant délibération des juges, avec une sélection draconienne de 4 challengers/catégories ; le meilleur rencontre le champion (concept déposer).

Pour moi, c’est le premier événement que j’ai connu, ayant eu une envergure internationale lorsque j’ai commencé. À l’époque tous les meilleurs danseurs de France, d’Europe et même du monde voulaient à tout prix gagner le who is who. Je ne l’ai jamais vu en live mais les images et vidéos restent impressionnantes.

Aujourd’hui, c’est le Paris Best Dance, un concours chorégraphique.

Malgré tout ce qu’elle a déjà pu faire, elle souhaiterait encore réaliser et développer des projets associatifs autour de l’éducation pour les enfants en Centrafrique. Par exemple soutenir l’éducation par la mise en place de manuels dirigés vers la culture, l’histoire, la géographie de la Centrafrique tout en incluant en second plan la culture française.

Je vous laisse imaginer tout l’investissement nécessaire pour accomplir ce type de projet


Son regard


Le regard d’Annique est assez clair sur le hip hop actuel :

La première, c’est le côté sectaire (secte), on y trouve des personnes psychologiquement fragiles qui sont influencées par des personnes avec des idéologies limitées, qui souvent malheureusement, ne sont pas spécialement rattachées à la danse.

La seconde branche : C’est le côté fourre-tout dans lequel on trouve de tout, c’est comme un échantillon de la société, où tous les caractères, les genres se mélangent, s’entremêlent, se perdent, se cherchent.

La troisième branche : C’est les artistes, ceux qui dès le départ savent et ressentent l’essentiel, qui vivent simplement leur passion. « Personnellement le principe de Peace Love Unity que je trouve très beau n’est pas ce qui a fait que je fasse partie de cette culture. Ce qui m’attire dans la culture, c’est le fait que je m’y reconnaisse par son ADN noir, par cette volonté de se battre pour vivre, exister, la musique. »

Je vous laisse vous situer...


Juste un dernier mot :


Personne ne peut empêcher ton destin de se mettre en place et se réaliser. Ceux qui essaient ne font que ralentir l’inévitable. Je remercie ces gens, car ils ont éclairé mon chemin en essayant de l’éteindre.

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